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Le pourquoi du comment de l’arrêt de mon allaitement

Les lecteurs les plus attentifs l’auront sans doute remarqué : je n’allaite plus le Radis. Aujourd’hui je me décide à raconter pourquoi. Je le fais aussi pour moi, pour mettre tout ça à plat une bonne fois pour toute. Je n’attends pas qu’on me dise ce que j’aurais pu ou du faire ; j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir à l’époque, avec les capacités tant physiques que psychologiques qui me restaient. Je n’ai pas cessé d’allaiter de gaieté de cœur. Je l’ai d’ailleurs très mal vécu et je suis encore aujourd’hui en train d’en faire le deuil. Vous ne trouverez pas dans cet article la recette de ce qu’il ne faut pas faire pour ne pas rater son allaitement ; les différents événements qui ont marqué le début de la vie du Radis, et le début de ma vie de maman, n’auraient pas pu être évités.

S’il y a une chose dont j’étais sûre avant de devenir mère, c’est que je voulais allaiter. Je voulais allaiter, et longtemps, idéalement jusqu’au sevrage naturel. Je voulais le meilleur pour mon bébé ; quoi de plus naturel que de lui donner mon lait ? Une fois enceinte, cette certitude m’est restée, et j’ai fait ce que je fais d’habitude : je me suis renseignée. Je connaissais tous les pièges ; les biberons de complément, les mauvais conseils de belle-maman, la montée de lait qui tarde, les tétées à heure fixe et à durée limitée… J’étais blindée.

Et puis, j’ai accouché. Il paraît qu’on enfante dans la douleur. Oui, c’est vrai, je suis devenue mère dans la douleur, une douleur inimaginable, immense, dont j’ai cru ne jamais pouvoir me remettre. Il m’a fallu des mois pour remarcher sans boiter, vous imaginez donc dans quel état j’ai pu être les jours qui ont suivi, alors que je tentais de mettre en route mon allaitement. La première mise au sein, en salle de naissance, je ne m’en rappelle plus très bien. J’ai des photos de moi, sur lesquelles je souris avec mon bébé au sein, mais pour être franche tout ça c’est un peu comme un gros brouillard pour moi. Déjà, c’était compliqué. Je ne pouvais pas m’asseoir, j’avais été coupée, ouverte, tiraillée, recousue, j’avais mal et j’aurais eu besoin de me reposer avant toute chose. Et pour ajouter à ces difficultés, voilà que les puéricultrices ont trouvé à mon bébé un teint plutôt jaune. Quelques tests plus tard, il s’est avéré qu’il avait la jaunisse, un ictère du nourrisson, comme on dit. Rien de bien grave, ceci dit, c’est une affection courante et bénigne qui se soigne avec quelques heures de photothérapie. En gros, on colle à ton bébé des lunettes en mousse sur les yeux et c’est parti pour des heures sous une lampe. Le truc pas sympa avec la jaunisse, c’est que ça rend le bébé complètement amorphe, et au sein c’est compliqué parce qu’il s’endort alors il faut tout le temps le stimuler pour qu’il tète bien. Il ne faut pas non plus que les tétées soient trop espacées donc il faut le réveiller, et réveiller maman par la même occasion. Pour résumer, mon fils était trop faible pour bien téter, donc trop faible pour stimuler suffisamment le sein, ce qui a retardé ma montée de lait et a contribué à ce qu’il s’affaiblisse encore plus. Parallèlement à ça, j’ai terriblement galéré pour la mise au sein ; je me suis retrouvée avec des crevasses qui ont fait ouvrir à ma sage-femme et à mon gynéco des yeux comme des soucoupes. Bilan au 3ème jour : mes seins sont un champ de bataille, mon fils n’arrive pas à téter parce qu’il s’endort, quand il ne dort pas il hurle, ma montée de lait n’est toujours pas arrivée et les aides-soignantes de la clinique commencent à nous pousser pour qu’on donne des biberons.
A ce stade, je n’ai presque pas dormi depuis mon accouchement, je pleure à chaque fois que je dois me lever de mon lit, je ne peux même pas prendre mon fils dans mes bras tant je suis fatiguée, mon épisio commence à tirer la tronche parce que je ne sais pas rester allongée et je me paye un baby blues carabiné. J’appelle en catastrophe, et en larmes, la marraine de mon fils pour qu’elle m’apporte une boîte de Modilac riz (qui restera fermée encore plusieurs semaines) parce que je crois que le pédiatre de la maternité va m’obliger à donner un biberon à mon bébé ou, pire, le fera dans notre dos si nous refusons. Le lendemain, je cède à la pression des aides-soignantes et j’adopte les bouts de seins en silicone pour aider mon fils à téter. Avec le recul, je pense que c’est là que tout a foiré pour bon mais à ce stade, c’était ça ou arrêter et je pensais vraiment être capable de reprendre les choses en main par la suite.

 

En bref, je ne sais pas trop comment on est sortis de ce bordel mais le fait est que la jaunisse de mon fils s’est arrangée et qu’il a repris un peu de poids, suffisamment en tout cas pour qu’on rentre chez nous. Seulement, ça ne s’est pas arrangé une fois à la maison. Toujours amorphe, parce qu’il n’arrivait pas à prendre suffisamment de lait cette fois (rapport aux bouts de seins en silicone), mon fils nous réveillait la nuit toutes les deux heures et tétait durant quasiment autant de temps (sans exagération). Et à cause des bouts de seins en silicone, je ne pouvais pas l’allaiter allongée, et puis de toute façon je ne pouvais pas me rendormir car je devais faire en sorte de le maintenir éveillé afin qu’il mange. J’ai cru devenir folle de fatigue. Je me rappelle d’un matin en particulier ; mon fils avait pleuré toute la nuit, et je ne voulais plus le mettre au sein, c’était trop. Ma mère, accompagnée de ma belle-mère, devait arriver dans la matinée et le Capitaine s’était retrouvé dans la cuisine, notre fils dans les bras et le casque sur les oreilles pour supporter les pleurs, pour que je puisse dormir une heure…

 

Le temps a passé, mais rien n’est allé mieux. Au bout d’un mois, je tenais toujours ce rythme. Nous sommes allés faire la visite du 1er mois chez une généraliste homéopathe. Le Radis n’avait toujours pas dépassé son poids de naissance, mais curieusement cela ne l’a visiblement pas inquiétée plus que ça. Nous, jeunes parents, avons mis ça sur le compte d’un début d’allaitement compliqué et avons gardé confiance, malgré l’épuisement dans lequel nous nous trouvions alors.

 

Evidemment, les choses ne se sont pas arrangées. Le Radis avait à peu près 5 semaines de vie lorsque j’ai appelé un matin, en pleurs, la PMI la plus proche. Je leur ai dit que mon bébé avait pleuré toute la nuit, qu’il avait un problème et qu’il devait voir un médecin, que je n’en pouvais plus. La puéricultrice m’a dit de venir tout de suite, qu’elle allait voir mon fils et le peser. Sans surprise, il n’avait toujours pas grossi, et bien sûr on nous a fortement conseillé de revenir deux jours plus tard pour le repeser. J’y suis allée ainsi tous les 2 jours pendant une dizaine de jours. Tout était difficile à la maison. La nuit, avec des réveils toutes les deux heures, mais aussi les journées. Mon fils, affamé, ne supportait pas que je le pose et ne voulait dormir que sur moi, nuit et jour. Je ne dormais donc ni la nuit, ni le jour, j’étais un zombie, je me souviens que je ne comprenais plus ce qu’on me disait quand, par exemple, un commerçant me posait une question.

 

Le Radis avait 7 semaines lorsque les puéricultrices de la PMI se sont réellement affolées. Car croyez-le ou non, il est alors repassé sous son poids de naissance. Il faut que je vous dise, aussi, qu’à cette période il a tenu 17 jours sans faire de selles. On m’a dit que c’était parce que mon lait était parfait, sans déchet, et on m’a parlé de selles rares des bébés allaités, un phénomène qui arrive parfois comme j’ai pu le lire sur le site de la Leche League. En fait, mon fils était tout simplement entré en mode économie d’énergie, et ne mangeait pas suffisamment pour avoir des selles.

Ce matin-là donc, l’une des puéricultrices, celle qui a pesé mon fils, a paniqué et m’a dit de reprendre mon fils, de rentrer « rapidement » chez moi et de lui donner un biberon. J’ai eu très peur, parce que j’ai compris qu’elle avait raison. J’ai alors remis mon fils dans l’écharpe, j’ai fait un détour par le magasin de puériculture pour acheter un biberon (un de ceux qui évitent la confusion sein/tétine), je suis allée acheter une bouteille d’eau minérale et j’ai préparé à mon fils son premier biberon. J’ai pleuré de le voir le boire si avidement, le regard plein de reconnaissance. Et puis je lui en ai fait un deuxième, parce qu’il avait encore très faim.

 

Je suis alors allée voir une consultante en lactation, l’après-midi même. Elle a aussitôt repéré le problème ; mon fils, désormais habitué à téter sur du silicone, n’ouvrait pas suffisamment la bouche. Il ne stimulait donc pas assez le sein, d’où ma lactation défaillante. Il était donc trop fatigué pour bien téter, et recevait trop peu de lait pour aller mieux. Un vrai cercle vicieux. Nous avons donc mis en place un plan de bataille ; à chaque tétée, je devais donner les deux seins, puis complémenter mon fils avec un biberon. Ensuite je devais tirer mon lait, et garder ce que j’avais tiré pour le donner à mon fils à la prochaine tétée. Je n’ai pas tiré grand chose ; on m’a dit qu’au début c’était normal. Je n’ai hélas jamais réussi à tirer beaucoup plus.

 

Deux jours plus tard, je suis retournée à la PMI pour une pesée. J’étais confiante, malgré la fatigue encore plus grande liée au fait que je devais désormais rester encore plus longtemps éveillée la nuit entre la tétée, le biberon et le tirage du lait. La balance n’a hélas pas joué en notre faveur ; mon fils avait perdu du poids. Très peu, et c’était sans doute lié au fait qu’il avait enfin fait des selles, mais suffisamment pour affoler complètement les puéricultrices qui m’ont sommée de me rendre aux urgences pédiatriques. A nouveau, ce fut très dur, même si nous avons été très bien pris en charge. Mon fils a eu droit à toute une batterie d’examens ; prise de sang, radios, analyse d’urine, pesée bien sûr. Les médecins ont préféré nous garder, on nous a installés dans une chambre. Le Capitaine Carotte, alors en déplacement professionnel, n’a pu nous rejoindre que le soir, et n’a pas pu rester. J’ai donc passé la nuit seule là-bas, assise sur une chaise, à côté d’une fenêtre mal isolée qui laissait passer un froid glacial, avec mon fils dans les bras pour qu’il n’ai pas trop froid. Le lendemain, la pesée fut bonne, les résultats d’analyses satisfaisants, et nous avons pu rentrer.

 

J’ai décidé de tenter le tout pour le tout. J’ai revu ma consultante en lactation, j’ai usé et abusé du tire-lait, je me suis empiffrée de fenugrec, de tisane d’allaitement, j’ai même pris du motilium, j’ai mis mon fils au sein le plus possible, j’ai utilisé un dispositif d’aide à la lactation, j’ai tout tenté pour qu’il prenne mieux le sein. Mais plus rien ne venait au tire-lait, mon fils ne savait plus téter et j’étais à bout de tout, de force, de nerfs, incapable de manger correctement, de boire suffisamment, de me reposer. Mon fils avait 2 mois et demi, je crois, lorsque j’ai rendu le tire-lait. Ca faisait de toute façon bien longtemps que plus rien ne venait. J’ai encore un peu allaité en mixte, jusqu’à ses 3 mois, environ, et puis je voyais bien qu’il prenait toujours mal le sein, ne déglutissait plus vraiment, j’avais lâché les tétées de nuit depuis quelques temps déjà pour pouvoir passer le relais à son père et j’ai fini par passer au biberon exclusif. Je n’ai pas eu mal aux seins, rien du tout. Pas le moindre petit engorgement.
Alors voilà, c’est comme ça. Je voulais allaiter des mois, des années. J’ai fini par allaiter à peine plus d’un mois en exclusif, et trois mois en mixte. Quel échec monstrueux. Parfois on me demande combien de temps j’ai allaité, et je réponds, et on dit oh, c’est déjà bien, et j’ai envie de dire à la personne de fermer sa gueule, parce que c’est faux, ce n’est pas déjà bien. J’en ai beaucoup parlé, avec le papa surtout, et je sais que j’ai fait tout ce que je pouvais. Lorsque j’ai arrêté, je n’avais plus aucune ressource disponible. J’étais vide, dans tous les sens du terme. Mais quand même. Ce n’est pas ça que je voulais pour mon bébé. Je voulais lui donner le meilleur ; lui donner mon lait, parce que c’est ça que fait une maman, elle donne son lait à son bébé. J’ai raté, et je le regrette. Je regrette d’avoir échoué mais quelque part je regrette aussi de m’être autant acharnée parce que cette période-là, quand j’y repense, j’en ai froid dans le dos, je me souviens du brouillard, de l’épuisement, je sais que j’ai beaucoup pleuré, j’ai crié aussi, j’ai cassé des choses, frappé les murs, c’était le début d’une dépression post-partum dont je parlerai peut-être dans un autre article, c’était affreux et plus jamais je ne veux revivre ça. Nous n’avons pas de famille à proximité, les amis n’ont pas su, ou pas voulu savoir, tout ça a été tellement dur, tellement loin de tout ce que j’avais imaginé. Alors finalement, je ne sais pas, je suis à la fois déçue et soulagée mais une chose est sûre, c’est qu’il va me falloir encore pas mal de temps pour digérer tout ça. Et me dire que ce n’est, peut-être, pas si grave finalement.

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27 réponses à “Le pourquoi du comment de l’arrêt de mon allaitement”

  1. Larissa dit :

    Je vous remercie pour ce message où l’on sent encore de la douleur mais qui est surtout très honnête. Mon premier allaitement a foiré de manière plus rapide mais quand je vous lis à propos de l’épuisement et du brouillard des premières semaines en raison d’un allaitement qui coince, j’ai les larmes aux yeux car tout me revient, j’étais un zombie qui ne sait plus, qui n’a plus de recul.
    Oui, il faut des années. Moi il m’a fallu un deuxième allaitement foiré pour enfin me pardonner, mais juste un peu. Cette fois-ci je ne me suis pas acharnée parce que je ne pouvais pas, et j’avais une grande fille qui a aussi besoin de moi. Et c’est grâce à votre blog que j’ai appris l’existence du Modilac Riz et que mon fils a pu rester vegan de naissance. Alors encore merci.
    Vous avez fait de votre mieux, avec tout votre coeur. Ce que les gens souvent ne voient pas c’est qu’après une naissance on est lancés dans la vie, fragilisés, fatigués, et qu’on a plus de recul. On ne peut alors qu’avancer avec le coeur, et c’est ce que vous avez fait au mieux. Et votre fils saura le voir, et peut être fier de sa mère.

  2. lolotte dit :

    Ben dis donc , pfiouuu , comment te dire , il est riche en émotions ce témoignage .
    C’est pas  » que du bonheur  » la maternité , c’est aussi de la fatigue , des angoisses sans fin , de la solitude , de la culpabilité … Bref : de l’amour et donc aussi de la souffrance .
    Haut les coeurs …

  3. redfish dit :

    Très émouvant.
    Avec des « si » on referait beaucoup de chose ! Juste d’accepter que ce soit comme ca. C’est fort déjà.

  4. coco cinelle dit :

    Alors là, tu m’as soufflée! c’est tellement rare les récits « vrai » sans les « cuicui les oiseaux chantent, c’est que du bonheur ».

    Je voudrais juste te dire que tu n’as pas à te justifier, ne pas avoir pu continuer ton allaitement ne veut pas dire mauvaise mère.

    En tant que maman, on est tellement exigeantes envers nous-mêmes, on se pousse à bout, alors que, clairement, juste aprés avoir accouché, on est pas en état de quoi que ce soit, et oui, une famille, un entourage proche, un cercle protecteur, c’est vital quand un bébé arrive.

    Tu as fait tout ce que tu as pu, et je trouve dommage que la conclusion dise que « tu as foiré ton allaitement ». Non, t’as rien foiré du tout. Tu savais pas. Tu pouvais pas savoir. On peut lire tout ce qu’on veut sur tout, la théorie, c’est bien beau, mais une fois dans la pratique, avec 45 minutes de sommeil sur 72H d’eveil aprés avoir été coupée et aprés avoir expérimenté l’énormité de la mise au monde de son enfant…la théorie, elle peut aller se faire f*****. Je te lis, et je sais meme pas où tu es allée puiser toutes ces ressources pour faire tout ce que tu as fait. Tu m’impressionnes, cette volonté, cette determination à faire le mieux pour ton fils, ça coupe le souffle, c’est beau.
    Là où tu es dure, et où je suis pareille, c’est sur la question: ai-je bien fait de m’obstiner dans cette voie alors que mon fils avait la dalle et je le voyais pas? J’ai anémié ma fille, en persistant à l’allaiter quasi exclusivement alors qu’elle avait 10 mois. Elle est devenue toute blanche, fatiguée, puis comme ton fils, trop fatiguée pour téter, puis à force de nier, j’ai fini par m’alarmer du manque de couches sales, par la disparition de ses sourires. comme toi, j’ai fini aux urgences, en larmes, pendant qu’ils cherchaient une veine pour piquer ma fille et qu’elle hurlait de douleur. On m’a menacée de la mettre sous sonde. Et elle avait maigri, oh oui, elle pesait autant qu’à ses 7 mois. Et là, là, je me disais, mais comment j’ai pu ne pas le voir? comment j’ai pu en arriver là? Bref, dans mon cas, j’étais sevèrement anémiée aussi et je venais juste de déménager à l’étranger…gros brouillard, fatigue, solitude, isolement, impossible d’y voir clait. Bref, tout ça pour dire….une fois que c’est fait et qu’on a le recul, c’est facile de se culpabiliser, de se dire: mais pourquoi j’ai rien vu/pas réagi? beh oui. Parceque maintenant, toi tu sais que ton lait n’est pas revenu, que ta lactation a cessé, mais à l’époque, tu le savais pas. à l’époque, tout était encore possible, les cartes étaient pas jouées. Et en effet, comme tu dis, allaité ou pas, ton fils, il a quand meme une mère qui déchire. Et ça, c’est quand meme vachement plus important.

  5. *Linda* dit :

    merci beaucoup pour ce magnifique témoignage.
    Je suis actuellement enceinte, de 8 mois et je me prépare donc à accueillir mon bébé dans les prochaines semaines, et je dois dire que je suis moi aussi très tournée vers l’allaitement. Je dois même avouer que c’est ce que j’ai le plus hâte de faire avec mon fils, une fois né. Et je n’ai jamais imaginé une seule seconde ne pas y arriver (ou ne pas vouloir allaiter). Je suis africaine, et c’est vrai qu’au pays, on a pas vraiment le choix, personne ne se demande jamais si elle désire allaiter ou non. Il n’y a pas vraiment d’alternative (je viens d’un pays extrêmement pauvre où le lait maternel est un luxe rare)…
    Mais après avoir lu ce récit, je réalise que les choses ne sont pas aussi simples qu’elles le semblent. Je pense qu’à mon stade c’est très sain de prendre conscience du fait que je n’arriverai peut-être pas à allaiter et que c’est pas si grave au final. ça m’évitera peut-être de trop culpabiliser…
    Même si j’imagine que ça doit coûter d’admettre sur son blog ce que l’on peut considérer comme une défaite, c’est sûrement une bonne façon de prendre du recul. Et en plus de s’aider soi-même, on aide les autres, alors merci!

  6. Louise dit :

    Bravo d’avoir tout fait pour essayer de relancer ton allaitement qui a eu un départ très difficile. 1 mois c’est pas 5 ans c’est sûr, mais c’est mieux que rien du tout pour sa santé.

    Bien des mamans n’auraient pas eu le courage de persister autant et plus tard j’espère que tu ne verras plus cela comme un échec, le tien. Quand tu dis que tu l’as raté, je te dis que ce n’est pas toi mais plutôt le système médical qui gravite autour de la naissance ainsi que les aléas de a vie. Le principal c’est de se battre et tu as tout donné.

    Vegan, ton bébé à toutes les chances de rester en bonne santé, à ta place je pense que je n’aurais pas tenu aussi longtemps psychologiquement.
    Récupères bien, ton fils se nourrit également de ton amour et de ton énergie alors transmet lui du peau à peau comme tu dois déjà le faire, tout plein de bisous, t’es la meilleure maman pour ton bébé et il ne faut pas laisser les échecs envahir ton état d’esprit ;) Facile à dire je sais :p

    Encore félicitations pour ce témoignage qui m’a donné les larmes aux yeux.

    Courage et bonne année, ponctuée de réussites et de bonheur !

  7. Alejandra dit :

    Ton article m’a beaucoup touchée. Ma fille à 8 mois, donc l’accouchement et les débuts sont encore frais. On l’a eu à Montréal ou on a (avait) très peu d’amis et pas de famille du tout, je comprends l’isolement que tu as vécu. L’arrivée d’un enfant (surtout le premier j’imagine) est un énorme bouleversement.
    Je suis désolée d’apprendre que tu as vécu des moments aussi dures, j’espere que de tout mettre à plat sur ton blog t’aideras à tourner la page. Je suis sure que tu es une maman d’enfer!

  8. Bravo pour ce récit, bravo pour avoir tout donné et un grand bravo pour nous faire partager. J’ai les larmes aux yeux, car je me rends compte que quand ça marche, on ne pense pas assez que parfois, et bien… ça ne fonctionne pas comme prévu. Je me sens chanceuse d’avoir pu. Et puis OUI on en lit des choses, sur l’allaitement… le maternage proximal… mais la théorie est parfois bien éloignée de la réalité… Tu t’es battue comme une championne pour mener à bien ce qui te semblait essentiel pour ton bébé… ça n’a pas fonctionné mais tu as tout donné et ça, ça fait de toi la Meilleure Maman pour le petit Radis. Chapeau bas !

  9. Cynthia dit :

    Bonjour,
    tout d’abord bravo pour votre courage: d’avoir tant fait pour le bien de votre enfant mais aussi de le raconter sans fioritures, de témoigner simplement de ce moment intime qui a été si dur pour votre famille et vous.
    Je ne suis pas encore maman, mais je suis réellement admirative. Vous n’avez pas pu allaiter le Radis comme vous en rêviez mais vous avez tout fait pour et c’est cela une Maman. Ne vous culpabilisez pas, vivez pleinement.
    Enfin Merci bcp pour votre franchise.

  10. Dame-Fée dit :

    Tu as mis toute ton énergie pour allaiter et rien que pour ça ce n’est pas un échec, quelle que soit la façon dont ça s’est passé. Une maman nourrit son bébé oui, mais le sein n’est pas la seule façon de le faire, et pas forcément la meilleure si cela signifie l’épuisement de la maman et autant de difficultés. Tu as bien fait d’essayer aussi fort mais bien fait aussi de changer de méthode, car ce qu’il y a de meilleur pour un enfant ce sont des parents aimants et en suffisamment bonne santé pour s’occuper de lui.
    A te lire je suis certaine que tu as fais exactement ce qu’il fallait, et tu n’as absolument pas à rougir de tes choix

  11. vegebon dit :

    Bravo pour avoir autant donné pour ton bébé et merci pour nous l’avoir raconté. Tu peux être fière de toi. Tu as fait montre d’une force incroyable vue ta fatigue immense et ton isolement. L’allaitement c’est bien mais heureusement ça ne fait pas tout, ni pour la santé du bébé, ni pour son attachement, et tu as maintenu l’essentiel : un bébé végan en bonne santé avec des parents qui l’aiment.

  12. Vg Mama dit :

    Bravo pour ton témoignage. Et merci. Merci parce que tant de mères qui allaitent passent par des phases difficiles que l’entourage nie. « Ce n’est pas grave. » « Fait comme ci et fait pas comme ça. » Merci de nous faire partager ton expérience.

    La solitude et le manque de soutien autour de toi sont à priori les principaux facteurs de ta fatigue. Tu as tellement donné pour ton bébé. C’est magnifique de ta part.

    Reprends des forces. Pense à toi. En te soignant tu penses à ton bébé.

    Mon expérience avec l’allaitement est proche du tien quand mon bébé a eu 4 mois. J’ai réussi à m’entourer partiellement à ce moment là. heureusement.

    La depression post partum est un cercle viceux infernal. j’espère que tu en sortiras rapidement.

    J’aimerais te faire sourire si cela est dans mes cordes, si tu en as besoin et si cela te faisait envie.

  13. marie dit :

    Bonjour,

    ton témoignage me touche beaucoup. Et cela en partie parce que j’ai eu aussi quelques soucis avec mon allaitement qui restent cependant très mineurs par rapport aux tiens. Je me suis retrouvé sans lait du jour au lendemain car j’étais épuisée après deux mois d’allaitement. Une situation qui ne serait pas arrivée si moi aussi j’avais été bien entourée! C’est tout là le problème ! Les mamans ne sont pas suivies ou très peu après le retour à la maison et je pense sincèrement que les mamans de la Leache League sont plus des fanatiques qu’autre chose !! pour ma part après deux mois d’allaitement elles m’ont dit qu’il était normal que ma fille tête 15 fois par jour, que je devais m’adapter à elle et qu’il ne fallait pas que je cède à la facilité ! Il a fallu que se soit ma mère qui me fasse réagir ! Bref une autre chose me choque dans ton histoire. Ou est donc le papa ?????? Je pense que leur soutient est essentiel après une naissance, essentiel pour ton bien être, ta santé et aussi pour éviter les grosses déprimes… Bref voila, je suis peut être un peu trop directe mais ton témoignage me touche beaucoup et n’oublie pas de prendre aussi un peu soin de toi… Une maman zen fera un bébé zen aussi… Bon courage

  14. melanie dit :

    Bonjour,

    J’ai aussi connu un très long début d’allaitement particulièrement difficile auquel je ne m’attendais pas (j’en pleurais tous les jours) mais moins catastrophique que le tien (pas de jaunisse, pas de bouts de seins, bébé qui prenait un peu de poids..) et finalement les choses ont bien tourné pour nous.
    Il ne faut pas trop t’en vouloir pour avoir persévéré. Tu as fait ce que tu pensais être le meilleur pour ton bébé à ce moment là avec les informations qu’on te donnait. Tu as fait tout ce que tu as pu pour le bien être de ton bébé et c’est ça finalement le rôle de maman. Tu as aussi su prendre la décision de passer au lait maternisé.
    L’important c’est qu’il soit en bonne santé et qu’il grandisse bien.

    Ce qui me choque, c’est l’incompétence des personnels de santé. On se dit toujours que si on avait rencontré d’autres interlocuteurs, qui avaient su analyser la situation tout se serait mieux passé.

    Si d’autres mamans perdues passent par ici, voici la méthode qui nous a réussi : http://www.lllfrance.org/Feuillets-du-Dr-Jack-Newman/Effectuer-la-mise-au-sein.html

  15. Alejandra dit :

    Je viens de tomber sur cet article et il m’a fait penser à ce billet que tu avais posté
    http://www.working-mama.fr/wm-parle-dallaitement/analyse-dune-desinformation-massive

    J’espere qu’il apportera peut etre des réponse à tes questions et que si tu te pense avoir été mal informée/soutenue tu seras rassurée de savoir que tu n’est pas la seule.

    • Miss Brocoli dit :

      Bonjour, merci pour le lien ! Mais j’avoue que je ne saisis pas trop le rapport avec ma situation, qui n’était pas liée à un manque d’information ;)

  16. Fabienne dit :

    Ton histoire et la mienne sont semblables
    Un allaitement qui s’est mal passé, un bébé qui hurlait soit de faim soit pour me dire qu’il était là (enfin plutôt « elle »)
    des crevasses, elle qui ne tétait pas ou peu, un engorgement et une fièvre à 40 pour finir au bout de deux semaines … car oui moi je n’ai pu faire que deux semaines … deux semaines d’enfer avec une petite fille qui ne mangeait pas ne dormait pas ne grossissait pas ..
    La troisième semaine a été chaotique pour la prise de biberon …
    et il a fallu qu’à six semaines on me parle de tétine en caoutchouc plutôt qu’en silicone pour qu’elle mange .. le premier bib avec caoutchouc avalé en 5 minutes, on en a pouffait de rire avec mon mari nerveusement …

    Elle a maintenant 5 ans et demi, est en bonne santé en général, mais reste une petite fille maigrichonne et qui n’a pas toujours très faim

    Je m’en veux parfois, en me disant que c’est peut être à cause de moi…
    Ses « je t’aime maman plus que tout » balayent tout sur leurs passages et me font dire que j’ai fait de mon mieux…

    PS mon fils né 3 ans après n’a eu que le biberon et adore manger … je me suis bien renseignée pour l’allaitement mais une fois sur moi je n’ai pas voulu, pas pu.. et je ne regrette rien et je ne culpabilise pas

  17. [...] Euh, pardon ? Déjà moi à 6 semaines ce n’est pas devenu plus facile, c’est là que mon fils a atterri à l’hosto pour « dénutrition ». Ensuite, je n’ai pas besoin qu’on soit désolé pour moi ! De quel droit une mère qui [...]

  18. Il y a un truc que j’avais lu partout c’est la fragilité des jours et semaines qui suivent l’accouchement. À cause des hormones, de la fatigue, des inquiétudes, etc… Mais sur le coup je me disais que non j’allais bien. Et ce n’est qu’avec le recul que je me rends compte à quel point j’étais effectivement fragile à ce moment et vraiment bravo à toi pour avoir traversé tout ça parce que déjà moi pour qui tout allait bien (ou le mieux qu’il soit possible d’aller) je n’étais pas toujours au top alors après un démarrage avec vos soucis. Et le plus important c’est que votre ti bout aille bien.

  19. Taumyly dit :

    Bonjour, mon fils a aujourd’hui l’âge du tien quand tu as été forcée de lui donner son premier biberon.
    Je suis très émue de constater qu’une maman vegan, bio et partisane du maternage proximale raconte avec tant d’honnêteté cette histoire.
    J’ai moi même eu des moments diffiçile avec l’allaitement et cette pression, cette culpabilité, cette impression d’être une mauvaise je la ressent encore maintenant.
    J’admire ton courage, et ta conclusion est la meilleure qui puisse être concernant les choix éducatifs, on donne tout ce que l’on peut et surtout ce que l’on a.
    Si seulement on pouvait arrêter de culpabiliser les mères. Nous ne sommes pas des super héroïnes !
    Encore merci pour ce témoignage bouleversant

  20. Laurie dit :

    Très beau témoignage, très vrai . J’en pleure tellement je ressens la douleur qui s’en degage.
    La prochaine fois qu’on te demande combien de temps tu as allaité, mens… Dis leur 6 mois… Au delà, les gens bien pensant te regardent bizarre. ;)

  21. MGV dit :

    Merci pour ce témoignage …

    Tu n’as pas besoin que je dise que tu fait ton max, tu le sais, mais je le dis qd mm, bravo :)

  22. Jean Sairien dit :

    Les médecins français ont une tendance à forcer les femmes à ne pas prendre de poids pendant leur grossesse, or l’allaitement, ça pompe pas mal d’énergie, il faut donc avoir des réserves.
    Vous pensez que vous ennuis sont liés à votre régime vegan ?

  23. Marylou dit :

    Je suis très émue par ce témoignage. Nous avons un projet bébé et je sais depuis longtemps que je veux allaiter au moins jusqu’à 6 mois, pour les mêmes raisons que vous (avant de vouloir un bébé, cela me paraissait pourtant inconcevable !). Je ne suis donc pas encore maman, mais j’ai ressenti votre douleur vivement à cette lecture et je suis très triste pour vous, ça a du être terrible. Vous avez été très courageuse en tout cas, bravo à vous.

  24. floppysnail dit :

    Bonjour
    Je vous remercie pour votre temoignage.
    Je suis au stade où je constate que mon fils de 6 semaines tete insuffisamment avec les consequences sur ma production de lait.
    Chaque jour qui passe je supplémente en larmes avec du lait artificiel afin qu’il Prenne ces 35 g par jour. La derniere consultante me dit qu’il suffirait de couper son frein de langue trop court por resoudre le probleme de succion mais je ne sais pas si je dois le faire. Mon bebe a pris l’habitude de ne pas ouvrir grand la bouche, de s’accrocher au mamelon avec ses gencives alors je pleure face a mon incertitude me demandant commment devenir une bonne maman.
    Et je me dis demain jarrete d’allaiter.

  25. Patrizia dit :

    Ce livre devrait t’apporter un peu de réconfort, je crois.
    http://www.priceminister.com/offer/buy/88470898/genoud-patricia-accouche-et-tais-toi-livre.html
    Il est épuisé, mais en vente sur le net.

  26. Ynigriv dit :

    Merci pour ce témoignage !
    Ca me fait dire que je ne suis pas la seule à avoir rencontré des difficultés pour allaiter. je n’ai pas encore contacté la leache ligue ni de conseillère en lactation.
    Je me retrouve dans ton histoire : un accouchement difficile avec une déchirure importante, une perte de sang qui m’a fait perdre connaissance, un bébé qui s’endors au sein, des bouts de sein en silicone, des tétons crevassés, une jaunisse, une infection bactérienne de bébé à echerichia coli, une montée de lait au bout de 3 jours, une perte de poids de bébé avec déshydratation (déjà qu’il n’était pas lourd à la naissance), une mauvaise prise de poids et un sage-femme qui me conseille de passer au biberon…
    Aujourd’hui mon fils a 6 semaines et je n’ai pas lâché l’affaire malgré les conseils, je continue à tirer mon lait, à faire téter bébé, je lui donne en moyenne 120 ml de lait maternel par jour et ce n’est evidemment pas assez à mes yeux. De plus j’ai une petite poitrine qui n’a pas augmenté de volume lors de la grossesse et je suis certaine que cela joue, car ma cousine qui a eu son fils une semaine avant moi et qui a une poitrine plus généreuse allaite exclusivement sans complément…
    Par contre j’ai eu la chance d’avoir été aidée par ma mère les 2 premières semaines par mon conjoint qui étaient là 7/7 et 24/24 car ne travaillant pas. Je pense qu’un entourage disponible (mère, soeur, père etc…) est clairement un facteur déterminant pour un bon allaitement.
    Voilà pour ma petite histoire, the show must go on en attendant, je verrais bien si mon lait diminue ou augmente avec le temps…
    En tout cas je vous souhaite à vous et votre famille plein de bonheur pour la suite…

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