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J’ai toujours voulu être une maman parfaite

Sauf que cette maman-là n’existe pas. Ou alors si elle existait elle aurait 14 bras, 3 cerveaux, des journées de 50 heures et l’équivalent en patience de 10 Dalaï Lama. En gros, elle serait super flippante. Donc pas parfaite. Enfin, bref, elle n’existe pas.

Ça c’est un des premiers trucs dont je me suis rendue compte en devenant mère. L’impossibilité de perfection. Je ne sais pas si tout le monde le vit de la même façon mais pour moi ce fut assez dur à encaisser. Vous la connaissez tous j’imagine, cette fameuse phrase qui dit qu’ « avant, j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants ». Oh je la déteste cette phrase. Parce qu’elle est vraie !

Avant d’avoir notre Radis, et avant même de mettre en route le projet conception, le Capitaine Carotte et moi avons fait ce que font, j’imagine, tous les couples dans le même cas : nous avons longuement discuté de ce que nous voulions, ou pas, pour notre enfant à venir. Aaaah qu’elles sont belles les grandes théories sur ce que nous ferions absolument et surtout sur ce que ne ferions surtout pas ! Bien sûr, les lignes directrices et les essentiels restent ; ainsi, la fessée sera proscrite de notre façon d’élever notre fils et nous ne ne laissons pas pleurer pour qu’il s’endorme, par exemple. Par contre… d’autres choses ont changé. Le portage, pour commencer. Nous avions juré sur la tête de tout ce qui passait que jamais nous n’achèterions de poussette. Seulement voilà, maman fatiguée + périnée défoncé + bébé ultra-collant = grosse grosse envie d’espace vital et grand besoin d’allègement ! J’ai donc dégoté une poussette genre citadine ultra compacte et s’il y a un achat que je ne regrette pas, c’est bien celui-là.
Je lis aussi beaucoup beaucoup de choses sur le sujet de l’éducation, du maternage, de la psychologie des enfants. Chaque jour je découvre d’autres choses ; la diversification menée par l’enfant, la motricité libre, l’aménagement de la maison façon Montessori… et à chaque fois, la même claque : j’ai envie de tout faire, et je ne peux pas. Parce que les choses ne sont pas adaptées à notre mode vie, à nos capacités, parce que trop ceci, trop cela… Et aussi, surtout !, parce qu’on ne peut pas tout faire. C’est un fait : mon fils ne sera pas l’enfant le plus heureux du monde. Il aura comme tout le monde ses angoisses, ses doutes, ses défauts, ses failles. Il sera heureux grâce à moi et aussi malheureux par ma faute. C’est si difficile, de devenir parent. C’est con à dire, mais c’est vrai : c’est difficile. C’est la chose la plus dure que j’ai eu à faire dans ma vie. Je l’ai compris dès l’instant où j’ai vu mon fils pour la première fois et sais aujourd’hui que si je n’ai pas pu dormir pendant 48 heures après mon accouchement ce n’est pas seulement à cause du contrecoup de la douleur et des hormones, mais c’est aussi à cause de cette prise de conscience terrible qu’à compter de l’instant où on a donné la vie, on passera le restant de la nôtre à avoir peur pour cet enfant-là. Chaque jour, de nouvelles angoisses surgissent ; à quel âge faut-il le diversifier ? Comment être sûr qu’il n’aura pas de carences, sachant que je ne peux évidemment pas compter sur sa pédiatre pour nous aider à ce sujet ? Faut-il le vacciner, et si oui contre quoi ? Et si on ne le vaccine pas, et qu’il tombe malade ? Oui mais si on le vaccine, et qu’il développe un effet secondaire ? Et la vitamine D, alors ? Dois-je en donner ? Si oui, laquelle ? S’il n’a pas sa dose, va-t-il avoir de l’ostéoporose ? Et cette plaque rouge, là, c’est quoi ? C’est grave ? Et si je le laisse pleurer le temps d’aller faire pipi, son cerveau va-t-il finir rongé par les hormones de stress ? En fait, j’aurais du faire médecine avant de devenir maman, les choses auraient peut-être été plus simples.

 

Ca, c’est une chose qu’on ne peut pas savoir avant de devenir parent. Enfin, on se doute bien qu’un enfant est une source d’angoisse mais à ce point, je ne l’aurais jamais imaginé. Je me rassure en me disant que c’est pour tout le monde pareil, j’échange avec les copines virtuelles ou non et je me rends compte que nous sommes toutes, à un moment ou à un autre, des mamans pas parfaites voire carrément indignes (oui, j’ai entendu mon fils pousser dans sa couche à 5h du matin mais que voulez-vous, j’avais trop sommeil il s’est rendormi j’allais pas le réveiller). Après 5 mois, donc, je commence à comprendre une chose, c’est qu’on fait ce qu’on peut. Et que souvent, c’est déjà vraiment pas mal.

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13 réponses à “J’ai toujours voulu être une maman parfaite”

  1. Vanessa dit :

    J’adoooooooooore ton texte ! Je suis maman de trois enfants : 10 ans, 3 ans et 18 mois… je me suis tellement reconnue !! Comme toutes les mamans bien évidemment ! Mais ça fait du bien de le lire ! Merci :)

  2. sophieso dit :

    C’est très juste et il faudrait se le répéter plus souvent! Souvent je culpabilise de voir toutes ces mères qui semblent tout faire parfaitement mais elles ne font sûrement ni plus ni mieux que moi ;)
    Et puis il y a toutes ces choses auxquelles on ne trouve jamais de réponse claire et il faut accepter ces doutes. J’ai fait vacciner mon fils, et je ne sais toujours pas si j’ai bien fait. Ne pas le faire m’aurait, je crois, fait encore plus peur alors voilà, c’est comme ça et j’évite de ruminer sur ces choses-là parce que comme tu dis, « on fait ce qu’on peut » et on en fait déjà pas mal, nous parents vegans. Si je peux me permettre, la vitamine D c’est super important par contre, je publie un article là-dessus dans la semaine.

  3. Sandra dit :

    Arrrgh mes angoisses!!! Avc Mr on est devenu vegan du jour au landemain ( sans passer par lacase végétariens) notre fille avait 3 mois!! De la tout a posé encore plus de soucis!!! Bb aux besoins intensses porté bcp bcp et cododo et tètè partie a volonté, et a t elle tout ce qu il faut, et cmt savoir si elle a une carrence, et poids plume et tout et tout!!! Chaques jour je me pose des questions, ni le pédiatre, ni la peudopsy de la creche peuvent m aider car nous ne vivont pas sur la même planette! Et du coup je fais comme je crois qu il faut faire mais tjrs pleinne de doutes!!! La brindille se porte bien, est très cassecou et plutot trés éveillé mais qd mème! Après y a ces fichus bouquins qu on ne peut s empecher de lire et qui, comme tu le dis, donnent envie de faire mieux et plus mais c pas tjrs fesable ( genre le concept du continium: laisser bb jouer avc les couteaux ou a proximité du puit 0_o)
    Être parents c est angoissant, mais si en plus t es un parent « extra terrestre » tu es bon pour ingurgiter du xanax a longueure de journee

  4. helene dit :

    He bien oui mais pas vraiment en fait. Nous n’avons pour notre part pas renoncé aux choses qui nous paraissaient essentielles: allaitement, veganisme, cododo, portage, aménagement de la maison type montessori, motricité libre, pas de poussette etc. Pour la plupart, ça ne coûte rien au contraire. Je ne suis donc pas d’accord avec cette phrase « avant j’avais des principes maintenant j’ai des enfants ». Mais alors pas du tout. Je ne juge ni ne fustige personne, je pense simplement que ce à quoi on renonce, c’est ce à quoi on ne tient pas vraiment. On fait des choix de vie, on ne fait pas seulement ce qu’on peut.
    Etre parent, c’est angoissant en effet, je ressentais aussi ces mêmes inquiétudes. Je suis beaucoup plus sereine aujourd’hui. courage, ces angoisses s’estompent quand on prend de l’assurance en tant que parent. ;-)

  5. Capitaine Carotte dit :

    Hélène : je ne peux pas m’empêcher de réagir là. Sur des sujets aussi graves que celui-là, il est extrêmement important de ne pas lancer des phrases toutes faites aussi abominables comme « ce à quoi on renonce, c’est ce à quoi on ne tient pas vraiment ». Ayant assisté au premier plan aux épreuves par lesquelles est passée ma femme, je peux te dire que tous les domaines où elle, où nous avons cédé, c’est que non, nous ne pouvions pas faire autrement, dans le sens où il était impossible de faire autrement, pas que nous ne voulions pas nous donner la peine de le faire.
    Ton commentaire condescendant dégueulasse va faire de la peine à ma femme, ça tu aurais pu t’en douter si tu avais fait preuve d’un minimum d’empathie, ce qui est pour moi une des valeurs les plus importantes à enseigner à son enfant. Du coup, tu n’es peut-être pas aussi parfaite que tu penses l’être en fin de compte. ;)

    • helene dit :

      je suis vraiment peinée de lire ta réponse aussi agressive. Tu n’as sans doute pas compris ce que je voulais dire pour le prendre ainsi et c’est désolant. Vous êtes restés végétaliens (ce qui n’est pas simple, loin de là) mais d’autres choses comme le fait de ne pas acheter de poussette vous ont paru trop dures? Je continue de penser que dire « avant j’avais des principes, maintenant, j’ai des enfants » est faux. Et je n’aime pas lire ce genre de phrase qui nous dédouane de notre responsabilité de parents. C’était simplement un point de vue de personne imparfaite. Je ne donnerai plus mon point de vue. Je pense que je ne reviendrai plus.

  6. Réjane dit :

    ça fait plaisir de vous lire à nouveau :)
    Même si c’est pour nous ramener à cette réalité si difficile! Je suis censée accoucher dans quelques jours, et cette peur de mal faire pour ma fille, elle est là depuis le début. Pas aidée par le fait que ce soit « un petit gabarit », et « est ce que je mange suffisamment » et « ah bon vous êtes végétalienne, mais c’est dangereux ça »… Que d’angoisses alors qu’elle n’est pas encore là, je n’ose imaginer la suite!

  7. Antigone XXI dit :

    Un très beau texte, qui donne beaucoup à penser… Avant d’être parent, on a tellement d’idéaux, des choix que nous souhaitons prendre pour nos enfants car nous aurions aimé que nos parents les prennent eux aussi, et surtout cette belle idée de vouloir donner la meilleure chance possible pour notre progéniture – leur transmettre un absolu, faire d’eux des êtres parfaits…
    Et bien, ce billet montre qu’il faut toujours conserver ses belles idées, mais apprendre également à les traiter tels qu’elles sont : comme des idéaux justement, vers lesquels il faut tendre, mais que le meilleur des mondes possibles n’existe pas.

  8. Christell dit :

    mais ça montre une capacité à s’adapter, aussi. Comme on dit « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ». Ceci dit, je ne suis pas dans votre intimité, mais j’ai pas l’impression que tu aies renoncé à tes valeurs profondes… rassure-moi : tu ne lui as pas encore décongelé un cordon-bleu Père Dudu pour son dîner parce que t’étais pressée d’aller en boîte avec tes copines ?)
    Peut être aussi qu’avant de tester tu diabolisais des objets qui ne sont pas si mal, au final (poussette) ? et que c’est surtout l’utilisation qu’on en fait qui compte.

    Ton article m’a aussi renvoyé dans la face que certainement ma mère, à qui j’ai reproché plein de trucs (au moins dans ma tête), avait dû elle aussi, faire pour le mieux…
    Devenir maman me fait également revivre mon enfance…de l’autre côté. Bref…

    Bonjour chez vous les Brocolis-Carotte :-)

  9. Végébon dit :

    Merci pour cet article qui casse à la fois le concept des mères parfaites et des mères indignes !
    Je crois qu’en tant que maman on essaye Toujours de faire au mieux pour notre enfant, avec les contraintes qu »on a, que ce soit la fatigue, le manque de connaissances, les réflexes inconscients de notre propre enfance… Mais pour moi, tant qu’on assume et qu’on explique à l’enfant (même quand il n’a que quelques semaines) qu’on fait tout notre possible, il en souffre moins.
    Et s »il n’avait jamais aucune frustration ni colère, il aurait certainement du mal à vivre dans notre monde réel… c’est ce que je me dis quand mon fils hurle et qu’il m’est impossible de le calmer (à ce moment-là je le berce avec des boules Quies dans les oreilles, pour rester près de lui sans péter un câble à cause des cris dans les oreilles, dans un rocking chair ça le calme souvent assez vite).

  10. arnelae dit :

    Très juste ton texte et j’ai envie de te dire, c’est pas fini le sentiment de se sentir « imparfaite » en tant que maman. oui c’est très dur d’être parent, et encore plus d’être un bon parent. La patience, aussi, ça s’acquière mais c’est difficile parfois et quand l’enfant grandit c’est encore plus dur je trouve…

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